Culture

Exposition

Trier le monde - Regards post-algorithmiques sur la collection de photographies

Du au

Ce projet est labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s'inscrit dans la programmation officielle du Bicentenaire du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.

Publié le

Trier le monde 
Regards post-algorithmiques sur la collection de photographies
Exposition du 18 septembre 2026 au 14 mars 2027

Commissariat : Kaspar Ravel
Avec Aarati Akkapeddi, Nouf Aljowaysir, Minne Atairu, Nicolas Gourault, Kaspar Ravel, Loïs Soleil   

du mercredi au vendredi de 13h30 à 18h30
du samedi et dimanche de 13h30 à 19h 
fermé les jours fériés

 

Introduction à l'exposition

Deux cents ans après l'invention de la photographie, cette exposition interroge l'avenir de l'image photographique lorsqu'elle est collectée et collectionnée algorithmiquement. Que reste-t-il de sa capacité à rendre compte du réel, et de la présomption de vérité qui lui est associée ?

“[...] cartographier l’entièreté du monde des objets”, c’était, dès 2009, l’ambition de Fei-Fei Li, alors professeure à Princeton, en créant ImageNet : une collection d’images annotées selon des critères distincts. On y trouve aussi bien des récifs coralliens, que des missiles balistiques, le tout rangé dans plus de 20.000 catégories. Ce type de collection d’images photographiques, plus communément appelé dataset, sert aujourd'hui aux intelligences artificielles qui y affûtent leur regard algorithmique, et prolongent, à leur tour, ce grand projet de trier le monde.

Mais devant le geste simple d’annoter une photographie, se pose une question infiniment complexe : comment choisir une étiquette sans produire de biais ? Car derrière l’ambition d’une classification sans distorsions, se cache une hypothèse rarement interrogée : celle qu’il existerait une interprétation naturelle du monde, un regard sans point de vue, autrement dit, le dogme de l’objectivité. Un dataset n’est pourtant jamais neutre, il contient les traces de toutes celles et ceux qui ont travaillé à le constituer : commanditaires comme Google, OpenAI... petites mains de sous-traitants du Sud global, ainsi que sujets qui en composent le contenu. Une collection d’images est donc un terrain de négociations entre les personnes qui en définissent la structure et celles qui y figurent, souvent à leur insu.

À l’ère de l’économie de l’annotation, comment faire place à d’autres regards sur la collection photographique ? L’exposition présentée ici cherche à démystifier les pratiques de collecte algorithmique et à révéler leur fragilité constitutive. Il y est question de renouer avec nos manières d’archiver, d’assembler et de collectionner des images, ainsi que d’éprouver nos marges de manœuvre face à l’extractivisme des données. Les œuvres montrent comment nous pouvons faire, défaire, détourner et recomposer les datasets à notre gré, révélant à quel point ces architectures supposément rigides restent, à notre échelle, fluides et malléables.

Kaspar Ravel, artiste-commissaire.

 

Rendez-vous autour de l'exposition

  • Vernissage le jeudi 17 septembre 2025 à 18h 
    Entrée libre 
  • Visites commentées par Kaspar Ravel 
    Jeudi 7 octobre et jeudi 3 décembre 2026 à 18h30 

Télécharger le communiqué et le programme

Lorsque la carte est sélectionnée au clavier, vous pouvez utiliser les touches + et − du clavier pour effectuer un zoom avant ou arrière, ainsi que les touches haut, bas, droite et gauche du clavier pour déplacer la carte.